5 octobre 2010 | 12 h 10
Le mandat des comités de travail consiste essentiellement à participer aux réunions, réfléchir sur les problématiques et les enjeux liés à leur thématique et contribuer à l'élaboration de recommandations pour le Grand chantier des musées en 2011. Le premier texte, émanant des travaux du comité, présente des pistes de réflexion qui serviront de base aux échanges lors des différentes séances de consultation. Nous vous invitons également à nous transmettre vos commentaires.
Pistes de réflexion
Faisant suite à la réunion du comité tenue le 1er juin 2010 à Montréal
Introduction
Nous le savons tous, le Québec a acquis une reconnaissance certaine sur le plan international dans le secteur de la muséologie, et ce, depuis au moins une vingtaine d'années. Cependant, cette réputation s'essouffle. Avant de poser la question sur l'avenir qui est réservé au réseau muséal québécois, un état des lieux s'impose. Cette étape est essentielle pour mieux orienter l'avenir que les musées peuvent se permettre d'envisager collectivement.
D'entrée de jeu, je me permets de reprendre les propos exposés par Michel Allard lors du colloque « L'avenir de la muséologie » organisé par le Groupe de recherche sur l'éducation et les musées (GREM) dans le cadre du congrès 2010 de l'Association francophone pour le savoir (Acfas). En introduction, M. Allard a survolé le parcours de la muséologie québécoise des quarante dernières années selon trois axes de transformation, trois prises de conscience, trois missions que se sont données les musées, et qui se suivent à peu de chose près dans le temps.
Le premier axe a été la prise de conscience de la mission sociale du musée par plusieurs institutions dans les années 1970. L'émergence des écomusées à cette époque en est un bel exemple. Le deuxième axe, plus récent, est la mission économique que s'attribue le musée. Le musée est devenu un moteur de l'économie régionale et locale; plus près de nous, le développement d'une nouvelle forme de tourisme, le tourisme culturel, et la création d'un réseau d'économusées confirment cette assertion. Enfin, le troisième axe de transformation est celui de l'impact de plus en plus évident des technologies de l'information dans nos institutions que ce soit dans la gestion administrative, dans la gestion des collections, dans l'aire d'exposition ou les communications.
J'ai toujours cru que le musée se distinguait des autres institutions par sa mission de collectionnement et sa mission éducative, et ce, depuis la naissance du musée moderne. Et, j'y crois toujours. La collection est le cœur, le corps et le cerveau du musée. La mission éducative en est le poumon et ses formes d'expression diverses (expositions, publications, programmation publique, animation et action éducative, présence sur le Web) lui donnent sa personnalité, son souffle et son rythme. Toutefois, je me désole qu'après presque quarante années de pratique, les fonctions muséales en lien avec les collections soient toujours perçues et vécues comme des activités négligeables. Les transformations des quarante dernières années nous auraient-elles éloignés de ces devoirs essentiels envers les collections?
Les institutions muséales québécoises conservent des collections parfois exceptionnelles. Cependant, une majorité d'objets de nos collections inscrits dans la base de données Info-Muse (BDIM) de la Société des musées québécois (SMQ) ne sont-ils pas encore documentés trop sommairement? Comment peut-on prétendre utiliser le plein potentiel d'une collection si nous n'en avons qu'une connaissance épidermique? Au premier chef, c'est la mission éducative du musée qui en souffre inévitablement.
Vous pouvez constater que les questions relatives à nos collections sont fondamentales et que le champ de réflexion qui nous est proposé est vaste. Le comité Conservation et gestion des collections et des sites, qui s'est réuni en juin dernier, propose de pousser la réflexion plus en avant et s'est intéressé bien entendu au collectionnement de manière générale au Québec, mais aussi à la recherche et au traitement documentaire, au droit d'auteur, à la conservation du patrimoine, à la conservation des bâtiments et des sites, et à la conservation du patrimoine immatériel. Voici le fruit de nos réflexions. La suite (PDF)
Guy Vadeboncoeur, directeur et conservateur en chef
Musée Stewart
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